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Bienvenue sur les étagères de ma bibliothèque…

Policiers, thrillers, jeunesse, fantasy, littérature française ou étrangère…  Chez moi, on trouve un peu de tout ! Je n’ai d’a priori ni sur les genres, ni sur les auteurs ou sur les maisons d’édition. Je fonctionne aux coups de cœur et souvent aux recommandations : une jolie couverture, un résumé ou un extrait intrigant, drôle ou émouvant, un avis qui donne envie sur Instagram et c’est parti ! Mes envies livresques sont guidées par ma curiosité.

Sans prétention aucune, je vous livrerai donc ici mes avis sur mes lectures, mes coups de cœur comme mes déceptions. Mais pas que ! Cette page vivra à mon rythme et j’y laisserai aussi mes humeurs, mes réflexions, toutes ces choses que l’on veut dire sans savoir à qui.

Je vous emmène donc avec moi découvrir ce qui se passe devant et derrière mes lunettes…

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Mon traître, de Sorj Chalandon

📚 4ème de couverture :

Il trahissait depuis près de vingt ans.

L’Irlande qu’il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi.

Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir…

🖋 Mon avis :

Qu’il est beau ce roman. Qu’il est fort. Qu’il est dur. Les phrases sont courtes, elles tombent comme la pluie sur l’Irlande. Elles donnent un relief abrupt au récit, elles dessinent les paysages et les sentiments. Elles donnent le gris des rues et du ciel, elles montrent les cœurs abîmés.

Ici, Sorj Chalandon nous peint son Irlande, celle de l’IRA, il nous parle de lui en faisant parler Antoine, le jeune luthier français. C’est un roman d’amour et d’amitiés, d’amour pour un pays, d’amitiés entre des hommes. Mais c’est aussi l’histoire d’une trahison et du cœur qu’elle déchire.

En lisant Mon traître, j’ai entendu le violon, les pintes de bières qu’on pose sur les tables des pubs et les voix de ceux qui les ont trop bues. J’ai goûté l’amertume. J’ai vu les lacs noirs et les rues aussi grises que les maisons. Et les soldats. Et leurs armes. J’ai vu ces hommes et ces femmes. J’ai senti la trahison, la douleur, l’amour et l’amitié battre dans le cœur d’Antoine comme si c’était le mien.

Une fois terminé, j’ai posé le livre près de moi et j’ai dû attendre un peu, les yeux dans le vague, avant de me lever. J’ai eu besoin d’un peu de temps pour quitter Antoine, Tyrone et les autres parce que le billet retour depuis Belfast n’était pas fourni. Pour y aller en revanche, il ne m’aura fallu tourner que quelques pages, quelques très belles pages.

Le livre sans nom


 📚 4ème de couverture :

Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets…
Un mystérieux tueur en série, qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom…
La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique…
Deux flics très spéciaux, un tueur à gages sosie d’Elvis Presley, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’œil à Seven et à The Ring… et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année.

Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte. Il a ensuite été publié, d’abord en Angleterre puis aux États-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

🖋 Mon avis :

(Spoiler alert : J’ai eu un coup de coeur… ❤❤❤)

Je ne m’y attendais tellement pas… Et pourtant, on m’avait prévenue ! Je pensais bien aimer ce bouquin, mais pas à ce point ! L’ambiance western hyper violent est superbement installée, impossible de ne pas se plonger dedans. On s’attendrait à rentrer au Tapioca en poussant des portes battantes, comme dans les films. L’écriture est hyper visuelle, j’ai eu l’impression de voir cette histoire plus que de la lire, d’avoir sous les yeux des personnages de film. Comment ai-je pu passer à côté de livre pendant aussi longtemps ?!

Le rythme est excellent, l’écriture fluide et parfaitement calée sur l’histoire. Et vraiment, les dialogues… ❤ Ils sont parfaits ! Si vous n’aimez pas les meurtres atroces, le sang, la vulgarité, les univers déjantés, passez votre chemin. Mais si ça ne vous rebute pas, ne perdez pas plus de temps et lisez-le vite !

Je comprends vraiment l’engouement autour de la saga du Bourbon Kid et croyez-moi, je ne vais pas m’arrêter là ! Il me faut la suite ! Je vous ai dit que c’était un coup de cœur ? Je dois me corriger : c’est un uppercut ! 🤜👊

Dernière sortie pour Wonderland, de Ghislain Gilberti

📚 4ème de couverture:

Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au coeur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.

Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus, amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques.

✒ Mon avis:

Voilà, j’ai sauté dans le terrier du Lapin blanc… et croyez-moi, il y fait bien plus sombre que ce que vous pouvez imaginer. Je suis passée de l’autre côté du miroir et j’ai atterri sur un coussin d’orties au beau milieu de la face cachée de Wonderland.

Il m’a fallu attendre de plonger profondément dans les ténèbres de Wonderland pour apprécier ma lecture. J’ai eu un peu de mal au début, je trouvais parfois le style un peu lourd et certaines coquilles ou tournures de phrase m’ont un peu gênée. Mais plus j’avançais dans l’histoire, plus je m’enfonçais dans le côté obscur, et plus j’avais envie d’avancer encore. Mais ça m’a coûté cher, j’y ai laissé le Pays des Merveilles de mon enfance. Et comme si le récit ne suffisait pas, les photos à la fin du livre sont venues poser la dernière pierre, celle qui a enterré mes doutes et me laissera à jamais l’image d’un Lewis Carroll dérangé et répugnant. C’est romancé, bien sûr, mais ça laisse un goût amer.

J’ai lu ce livre sans rien savoir des obsessions perverses, déviantes et glauques de Lewis Carroll et j’en suis ressortie troublée et nauséeuse.

Partant de là, Ghislain Gilberti arrive à tisser autour de la vie de l’écrivain, un univers psychédélique d’une noirceur folle. Oubliez Disney, ici la cruauté et les opiacés donnent vie à des personnages bien différents.

Soyons honnêtes, ça n’a pas été une lecture facile. Les flashbacks à l’époque de l’écrivain ont été éprouvants pour mon cœur tendre de maman. C’est ce qui a été le plus difficile pour moi, et ce qui a ralenti ma lecture : j’ai dû faire des pauses. Ça me révoltait, me prenait à la gorge. Je ne relirai plus Alice au Pays des Merveilles, je ne peux plus. Comme je l’ai écrit plus haut, je ne m’étais jamais intéressée à la vie de Carroll. Maintenant oui. Et je ne pourrai plus retrouver les images édulcorées d’avant.

Mais si je n’avais qu’un conseil, ce serait de ne pas hésiter.

Plongez dans le terrier.

Prenez la poudre, avalez la gélule.

Passez de l’autre côté…

Derrière le portail vert, de Marion Fontana

* Lu dans le cadre de la Masse Critique de Babelio

📚 Résumé:

Deux enfants, deux «petites» peu pressées de grandir, saisies sur quelques saisons de sursis, «à l’abri des fracas du monde». On avance dans le récit comme dans un tableau de Chardin ou de Sisley : tout à la fois conte d’enfance composé par touches successives impressionnistes et journal d’adulte penché sur des scènes encore imprégnées de secret et dont les résonances évoquent Delvaux. Entrent en scène le jardin, la maison et ses dépendances, l’intendant et la grand-mère, les petites filles, le chien, les mères. Une évocation intemporelle de charmes mystérieux, un regard d’enfant implacable. «Les petites se perdaient parfois entre les choses qui font du bien et celles qui font du mal. De temps en temps elles se persiflaient des insultes au visage, l’oeil luisant. Elles se frappaient sur le bout des doigts pour se souvenir qu’elles étaient réveillées, dans le monde silencieux des verrières aux nervures de cuivre, dans la cabane sous le platane, dans la maison derrière le portail vert.»

✒ Mon avis:

Une lecture étrange. Une lecture douce. On avance au rythme de chapitres très courts, de tableau en tableau, comme dans une salle de musée. Il se dégage une atmosphère étrange, paisible, contemplative. On observe des instants d’enfance, rapidement, ce ne sont peut-être pas des tableaux finalement. On a l’impression de faire défiler des diapositives sans âge. Pas de prénoms, pas de lieux précis. On regarde derrière ce fameux portail vert, là où le temps s’étire puis se fige quelques minutes. On passe, on repasse, on observe.

Voilà un livre qui m’a fait sortir de ma zone de confort… Ai-je aimé ? Je ne sais pas. J’en suis sortie comme on se réveille, un peu embrumée. Je me suis laissée porter en tout cas, le temps que les mots deviennent images puis s’effacent, le temps d’une ballade un peu hors du temps.

Une lecture étrange, résolument. Mais une une lecture douce, assurément.

Celle qui ne pleurait jamais, de Christophe Vasse

📚 Résumé :

Séverin semble bien avoir raté sa vie : un divorce, une fille qui se passerait volontiers de son père, un boulot de flic sans intérêt et des troubles de la personnalité qui ont achevé de faire le vide autour de lui. Lorsqu’il se rend sur la première scène de crime de sa carrière, son seul désir est de se débarrasser de l’affaire au plus vite. Mais il va très vite comprendre que ce meurtre le concerne bien plus qu’il ne s’y attendait. Une trace génétique est trouvée sur les lieux du crime et l’assassin est tout désigné. Mais pour Séverin, il est hors de question d’accepter l’évidence. Déterminé à retrouver le véritable tueur, il décide de suivre son propre instinct. Jusqu’à la plus effrayante des vérités.

✒ Mon avis :

Je devais entamer Derrière le portail vert dans le cadre de la masse critique de Babelio cette semaine, mais finalement j’ai lu Celle qui ne pleurait jamais, de Christophe Vasse…

Bon, ça n’a clairement pas été un coup de coeur. Autant, dans mon post précédent, je disais que je n’avais sauté aucune ligne de La Passe-Miroir, autant là j’en ai passé plusieurs. J’ai trouvé certaines longueurs, des descriptions qui ne m’apportaient rien et ne faisaient avancer ni l’intrigue, ni les personnages, ni l’ambiance. Et puis j’ai très vite deviné le twist final.

On est loin du coup de cœur, pour autant ce livre a été élu Prix du Polar 2017, il a donc trouvé son public. Disons que ce n’était juste pas un livre pour moi, tout simplement. Les retours étant plutôt bons, c’est bien de moi que ça vient… Bref, je n’ai pas accroché, ça arrive!

La Passe-Miroir T.3 : La mémoire de Babel, de Christelle Dabos


J’ai repoussé ce moment le plus longtemps possible mais je n’y tenais plus! J’ai donc enfin lu le tome 3 de La Passe-Miroir… Et l’attente du tome 4, le dernier, sera encore plus difficile!

Que vous en dire? Rien si vous n’avez pas lu les deux premiers, et que du bien si vous les connaissez déjà. Je ne dévoilerai rien de l’histoire, au risque d’en dire trop pour ceux qui ne l’ont pas encore lue, si ce n’est qu’encore une fois je l’ai adorée !

Dans La mémoire de Babel, Christelle Dabos est fidèle à elle-même, le récit est fluide, les mots sont pesés, choisis avec soin. Les descriptions sont absolument parfaites, à aucun moment on ne saute des mots car rien n’est en trop (oui, je sais, c’est mal mais j’avoue qu’il m’arrive de sauter des lignes entières quand les descriptions sont trop longues et qu’elles n’apportent pas grand chose…). L’univers est si finement tissé qu’on dirait de la dentelle. Et pourtant, il est dense et riche mais jamais l’autrice ne nous perd. Depuis Harry Potter, aucune histoire ne m’avait emportée à ce point. Encore une fois, c’est de la littérature classée jeunesse qui mériterait de se trouver aussi sur les rayons adultes. J’ai décidément beaucoup de mal avec le classement jeunesse… Beaucoup trop de lecteurs passent à côté de vraies pépites en ignorant ce rayon.

Vous l’aurez compris, c’est un coup de cœur, comme pour les deux premiers volets!

Vous connaissez La Passe-Miroir? Si ce n’est pas le cas, je ne saurais que trop vous conseiller de foncer et de partir voyager à travers les arches aux côtés d’Ophélie et de son écharpe !

Hazel Wood, de Melissa GILBERT

Date de publication (France) : 25/04/2018

Editeur : Milan

Genre : Fantasy jeunesse

Résumé :

« Ne t’approche sous aucun prétexte d’Hazel Wood. »

Ces quelques mots laissés par la mère d’Alice juste avant son enlèvement scellent à tout jamais le destin de la jeune fille.

Hazel Wood, la résidence légendaire d’Althea Proserpine, auteure des célèbres « Contes de l’Hinterland ».
Hazel Wood, d’où semblent échapper des personnages inventés par Althea.
Hazel Wood, où sa petite-fille, Alice, va devoir s’aventurer.
Hazel Wood, dont personne ne revient jamais.

Et si Hazel Wood était bien plus qu’un simple manoir ?
Un leurre ? Une porte d’entrée sur un autre monde? Et si Alice était bien plus qu’une simple new-yorkaise ? Une princesse ? Une tueuse ?

Il était une fois… Hazel Wood.

Mon avis :

Je suis assez friande de ce genre de lectures, depuis Harry Potter jusqu’à La Passe Miroir, j’aime les histoires qui me font voyager dans un ailleurs qui n’existe pas. Le résumé avait déjà tout me plaire et la couverture a fini de me convaincre 😊

Pendant la majeure partie du livre, on suit Alice, une jeune fille a la colère sourde et enfouie, dans sa course pour retrouver sa mère qui vient d’être enlevée. Il semblerait que cette disparition soit liée de près ou de loin à sa grand-mère qu’elle n’a jamais connue et dont on sait seulement qu’elle était auteure de contes noirs, « Les contes de l’Hinterland » et qu’elle vivait recluse à Hazel Wood, sa mystérieuse propriété. La référence à Lewis Caroll est à peine masquée, Hazel Wood ressemblant fort au terrier du lapin blanc, et Alice… Et bien disons que son prénom est suffisant pour réveiller nos souvenirs! Mais elle apparaît ici plus comme un négatif de la Alice que tout le monde connait, plus sombre, moins avenante.

C’est cette partie que j’ai préférée. J’ai aimé découvrir petit à petit l’histoire d’Alice en même temps qu’elle. J’ai trouvé les personnages bien introduits et plutôt intéressants.

La seconde partie nous emmène dans l’autre monde et c’est là que j’aurai dû me régaler, mais je l’ai trouvé trop rapidement traité. On se retrouve face à un flot d’informations qui arrive vite et qui se développe finalement assez peu. Cela aurait sans doute mérité un tome 2 afin de détailler davantage et de prendre le temps de poser l’univers et les personnages secondaires. Ils sont un peu survolés et certains détails auraient dus, à mon sens, être un peu plus fouillés. A l’inverse d’Alice au pays des merveilles, je trouve qu’on passe trop peu de temps dans l’autre monde.

Toutefois, j’ai passé un moment vraiment sympa en compagnie de Finch et d’Alice et je suis ravie de ma lecture.  Je suivrai avec plaisir les prochaines sorties de Mélissa Albert qui signe là un premier roman très prometteur.

Si je devais lui donner une note : 3.75/5