Nos rendez-vous, d’Eliette Abecassis

🖋 Mon avis :

Les frissons, le rouge aux joues, la main qui tremble. Les prĂ©mices pleines d’espoir. Les peut-ĂȘtre qui font hĂ©siter. Et si je me faisais une fausse idĂ©e. Et si je me trompais. Entend-t-il comme mon cƓur cogne ?

Je crois qu’il n’y a rien de plus doux, rien de plus fort que ces moments-lĂ , oĂč rien n’est fait, oĂč tout est doute, oĂč on ne sait pas. Il suffirait de. Il faudrait. Il aurait fallu. J’ai failli.

Nos rendez-vous, ce sont ces moments, en Ă©quilibre prĂ©caire, suspendus entre deux ĂȘtres. Instants funambules. Elle a manquĂ© le premier rendez-vous, ils en auront d’autres, dans dix ans, quinze ou vingt. Mais les corps et les cƓurs se tairont, parce que la vie a fait que… MariĂ©s Ă  d’autres, ils se sont Ă©loignĂ©s, mais la mĂ©moire est restĂ©e. Le souvenir de ce qu’ils ont briĂšvement partagĂ©, sans se l’ĂȘtre avouĂ©, est tenace et revient sans cesse dans ce quotidien qu’ils avaient rĂȘvĂ© meilleur. Des moments oĂč tout comme rien peut arriver, voilĂ  ce qui les tient. Des riens, des tout, des peut-ĂȘtre surtout. Et c’est avec ces si et la sensation profonde qu’ils sont un peu l’un pour l’autre, que cette relation s’est construite, le long d’un fil. Long. Tenu de bout en bout par des mains qui ne se sont jamais connues. On donne du lest, on tire dessus, on ne lĂąche jamais vraiment mais on le laisse pendre, des annĂ©es durant.

J’ai Ă©tĂ© touchĂ©e, profondĂ©ment, par l’Ă©criture d’abord, douce et sensible, et par ces deux-lĂ , qui se savent sans se connaĂźtre, qui se devinent, s’imaginent, se fantasment. Pourquoi cette histoire m’a-t-elle tant Ă©mue ? Pour les points de suspension bien sĂ»r, ceux qui ne finissent ni les instants ni les phrases. Ceux qui supposent mais ne disent pas. Ceux qui laissent autant d’espoirs que de regrets. Ceux qui ouvrent des fenĂȘtres.

Ah, si seulement j’avais… Mais un jour peut-ĂȘtre…